Le magazine du Quercy
(archives)


du 16/08/01 au 31/08/01

- Faut-il fuir St Cirq ?
-
Entre Loubressac et Autoire
-
Une cantate profane en Quercy
- Cinema en plein air à Gindou



Village
Faut-il fuir Saint Cirq ?
  Saint Cirq Lapopie, accroché à une falaise dominant le Lot est l'un des plus beaux villages de France. Véritable enchantement architectural. Mais l'été, c'est le trop plein. A fuir ? Tout dépend du jour, de l'heure... et de l'humeur..


Saint Cirq éternel
Pour les amoureux des pierres...
Village médiéval accroché à une falaise, cent mètres au dessus de la vallée du Lot, Saint Cirq est un incroyable amoncellement de petites maisons de pierres ou à colombages, aux toits de tuiles brunes.
Que serait ce bijou architectural sans le regard de ceux qui l'ont mis en valeur ? Au début du siècle, alors qu'il n'était encore qu'un hameau noir et humide, un dénommé Rignault, amoureux des arts et mécène, sut voir
l'ordre des pierres sous la couche de crépi. Il racheta quelques maisons, entreprit leur restauration... et révéla Saint Cirq à ses propres habitants. Dans les années 60, le site entier fut classé à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.
André Breton, figure du surréalisme, tomba, lui aussi sous le charme du village, Il y installa sa résidence secondaire, suivi par tout un cortège d'artistes dont Max Ernst. Aujour'dhui encore, une dizaine de créateurs y ont leur atelier.


Saint Cirq l'hiver
Pour les amateurs de grand calme...
Cinquante commerces ouverts en été, deux seulement l'hiver. Ce modeste village de 200 habitants, est confronté aux mêmes réalités que toutes les communes de taille équivalente en Quercy. Peu ou pas de service public : ni école, ni bibliothèque. Pas de boulangerie, encore moins de café. L'activité est essentiellement agricole.
L'immobilier non commercial
est au calme plat. Saint Cirq, comme d'autres villages moins cotés, subit la désaffection de la clientèle pour les centres bourgs au profit de maisons isolées. "Les transactions se situent au même niveau qu'ailleurs", nous a confié un agent immobilier.
Seule différence avec un village "normal", le budget d'investissement municipal : 1,7 millions de francs. "Pour mieux servir les touristes", précise monsieur le maire.

 






Saint Cirq l'été
Pour les adeptes du bain de foule...
Impossible d'y circuler. Des hordes de touristes remplissent les étroites ruelles en une marée bruyante sous un soleil de plomb. A fuir absolument lors des chaudes après-midi d'été. Le déploiement commercial est identique à celui des autres galeries marchandes à ciel ouvert comme le Mont Saint Michel ou Rocamadour. L'offre y est la même que partout ailleurs : produits du terroir, bimbeloterie et artisanat toc. Et comme la plupart de
ces boutiques, saisonnières, emploient peu de personnel, la municipalité n'en tire que peu de retombées sous forme de taxe professionnelle. On trouve tout de même un authentique artisan, tourneur sur bois, quelques artistes et de bonnes tables. La commune, tant pour réguler le flux d'automobiles que pour en tirer une ressource financière a mis en place des parkings payants. Le soir, les clients des hôtels sont tout étonnés de redécouvrir un village calme. Passé dix neuf heures, Saint Cirq retrouve sa sérénité.

Petit lexique architectural

Arcature : série de petites arcades décoratives

Arcature trilobée : aracature dont chaque arcade a la forme d'une feuille à trois lobes.

Encorbellement : construction : balcon, tourelle ou corniche, en saillie sur un mur soutenue par des corbeaux (poutres de bois ou une pierre).

Meneau :
montant de pierre qui divise la baie des fenêtres anciennes.

Maison à pans de bois : maison dont les murs sont constitués d'une charpente de bois et dont les vides sont garnis d'une maçonnerie légère (torchis). Synonyme : maison à colombages




Rando
Entre Loubressac et Autoire
Loubressac, petit bourg fortifié sur son éperon rocheux et Autoire, village de charme de la vallée de la Bave sont reliés par un sentier pittoresque.
A parcourir à pied, tous sens en éveil.






Départ
: Village de Loubressac à proximité de Saint Céré
Durée : 3h
Balisage : orange et GR 652 (rouge et blanc)
Equipement : chaussures de marche et appareil photo obligatoire
.


Le Circuit
Face à l'église de Loubressac, prendre à droite et sortir du village par une arcade. Suivre la route qui domine la vallée de la Bave.
Passer devant une ferme appelée Bolivaria sur la droite. Cent mètres plus loin, on parvient à un carrefour. Prendre tout droit le chemin caillouteux (balisage orange) en évitant le GR 652 (le chemin de retour de ce circuit). Après une montée, le chemin descend jusqu'au village d'Autoire et offre l'un des meilleurs points de vue sur cet ancien lieu de villégiature des nobles de Saint Céré.
Arrivé à un croisement de routes, prendre tout droit en suivant le balisage jaune et bleu. Traverser le village
puis prendre à la sortie une petite route à droite, direction "Le Paradou"
Après Le Paradou, au pied d'un raidillon, possibilité de prendre la variante du GR 652 en direction du cirque d'Autoire et d'une cascade qui tombe de trente mètres (vue imprenable sur le vallon, le cirque et le village d'Autoire). Après ce détour de 400 mètres, revenir au point de départ et prendre à gauche le GR 652 qui grimpe sur le plateau.
Arrivé au plateau, possibilité de prendre à droite la variante du GR 652 direction le château des Anglais.
De retour du château des Anglais, emprunter de nouveau le GR en direction du hameau de Siran.
A l'entrée de Siran, suivre le GR 652 le long d'une petite route qui mène à un point de vue sur une cascade puis sur Loubressac.
Quitter la route en poursuivant le GR. Une fourche permet d'emprunter à gauche une variante du GR qui mène à un dolmen 200 mètres plus loin. Après un virage à droite, ce chemin retrouve le GR 652. Poursuivre à gauche pour revenir à Loubressac.

Les étapes de charme
Loubressac:
Ce village vaut autant par ses ruelles aux vieilles maisons de pierres ocres, que par le panorama exceptionnel que l'on découvre depuis l'éperon sur lequel il est perché. Celui-ci embrasse la vallée de la Bave et celle de la Dordogne, les châteaux de Castelnau et de Montal, les Tours Saint Laurent à Saint Céré, ainsi que les contreforts du Massif Central. Un petit château, construit au XVè siècle et remanié au XVIIè, situé à l'extrémité de l'éperon, domine ce paysage (ne se visite pas). Ne pas manquer d'admirer le village par ses deux entrées.
Autoire :
Au fond d'une large vallée fertile, dominé par les falaises du rebord du causse de Gramat, ce petit village hors du temps séduit par ses maisons à colombage, ses demeures ornées de tourelles, ses toitures à quatre pentes et tuiles plates typiques de la région, ses granges de pierres ocres et violacées aux toits ornés de lucarnes. A côté de l'église, le manoir orné de multiples tours et tourelles vaut le coup œil. L'architecture est d'une grande richesse et d'une grande homogénéité et les rues et les jardins sont abondamment fleuris.
Château des Anglais :
Une fortification datant de la guerre de cent ans accrochée à la falaise dominant le vallon d'Autoire.

E.D.




Sauvage!

Une cantate profane en Quercy

De sa rencontre en 1985 avec les Asmats coupeurs de tête d'Indonésie, Michel Dintrich, guitariste classique, a retenu les harmonies primitives. L'été dernier, avec une bande de copains, il a enregistré le premier mouvement de Koustro Mawa, cantate profane, avec des instruments classiques. Complété par six autres mouvements, ce fourre-tout musical est en vente chez les disquaires du Lot.


Koustro Mawa, un titre qui sonne comme une incantation primitive. La suite des parties chantées de cette œuvre originale est à l'avenant. Qu'on ne s'y trompe pas, ces textes n'empruntent nullement à un quelconque langage papou. Il correspondent tout simplement à la première syllabe du nom et du prénom de 17 personnes. 17 artistes auxquels un sculpteur quercynois, Roger Rousseau, a proposé de créer une œuvre en correspondance avec la sienne. La demande avait de quoi susciter l'inspiration, car Roger Rousseau s'emploie depuis cinq ans à creuser le sol de sa propriété du causse pour mettre à jour les gigantesques blocs rocheux, traces d'un monde antédiluvien et tourmenté.
Michel Dintrich, invité à retranscrire cet art primal en musique s'est souvenu de son voyage en Indonésie,
en 1985. Fasciné par les objets découverts dans l'ancien atelier d'André Breton qui avait élu domicile à Saint Cirq Lapopie, il avait décidé deretrouver leurs créateurs, les Asmats afin de leur acheter quelques unes de leurs réalisations. "Un rêve de gosse, raconte-t-il. Je voulais rencontrer de vrais sauvages ! Le problème, c'est que les œuvres que je voulais leur acheter étaient des objets rituels. Un jour, j'étais face au chef du village avec toute une tribu autour, accompagné par un guide interprète. Comme ils refusaient de me vendre un tambour, j'ai surenchéri, un peu lourdement. A ce moment là, ils ont entonné une psalmodie qui racontait les exploits de celui à qui avait appartenu l'objet. En fait, c'était une musique de mise à mort. La musique la plus simple, la plus primitive, la plus dépouillée qui soit mais également la plus extraordinaire et la plus prenante. J'ai ressenti un mélange de terreur et de fascination. Je m'en suis sorti en tirant des briques de tabac dont ils raffolent. J'en ai distribué pour faire diversion, et nous nous sommes enfuis." Habité par les psalmodies Asmates, Michel Dintrich a recréé, pour Roger Rousseau une musiquede bons sauvages. Le premier mouvement, enregistré après seulement trois heures de répétitions avec quelques professionnels et de nombreux amateurs est le produit d'apports successifs mais également des limites de ses interprètes. Parfois, il a fallu simplifier à outrance la partition pour s'adapter au niveau de chacun. Peu importe, le but n'est pas de faire une musique complexe. Au final, c'est plutôt une bonne surprise qui attend l'auditeur. Un musicologue a défini l'œuvre comme étant de la world musique, sorte de patchwork de divers folklores entremêlés. Et c'est vrai que Koustro Mawa passe avec le plus grand naturel du Moyen âge à la préhistoire ou de la musique sauvage à la guitare espagnole.




Etoiles
Cinema en plein air à Gindou
  Loin des multiplexes, les Rencontres Cinématographiques de Gindou explorent le cinéma d'auteur depuis 17 ans. Jusqu'au samedi 25 août, l'édition 2001 réunit une programmation largement inédite sur le thème des voyages et rend hommage à Claire Denis.

Claire Denis, l'auteur de "Chocolat" qui mettait en scène Fanny Ardant et François Cluzet dans un périple à travers l'Afrique est en quelque sorte la marraine de ce festival dédié aux voyages. Fille d'un administrateur de colonies, Claire Denis a vécu dans divers pays d'Afrique jusqu'à l'âge de treize ans. Elle tire de cette enfance équatoriale une partie de son inspiration.
Le reste de la programmation, dédié au cinéma d'Afrique et de Méditerranée fait la part belle à un autre type de traversées : "Voyages rituels de nomades, voyages forcés des exilés et des migrants", on l'a compris, ce n'est pas précisément de tourisme qu'il s'agit.
"Quand les hommes pleurent", film de Yasmine Kassari, raconte l'histoire de travailleurs marocains mmigrés en Espagne et qui découvrent l'impasse dans laquelle ils se trouvent. "Notre amnésie" de Siegrid
Alnoy retrace la vie d'un jeune immigré clandestin en France.
Le parti pris des Rencontres Cinématographiques de Gindou est de nous proposer un cinéma qui interroge plus qu'il ne divertit. Une programmation indiscociable des "Tchatches" sous l'arbre à palabres. Comprendre des discussions en compagnie des auteurs.
L'autre originalité de Gindou, c'est la rubrique Cinéma différent, qui explore de nouvelles formes cinématographiques. Cette année, le documentariste Peter Watkins nous propose "Le voyage". Un film de 14h30 (sic) diffusé en 19 épisodes de 45 minutes à raison de trois épisodes par jour. Peter Watkins a parcouru le monde pendant six mois et interrogé dans chaque pays une famille au sujet de l'armement nucléaire. Au fil des réponses, le film se transforme en plaidoyer pour la paix.

E.D.
Gindou pratique :

Trois lieux :
L'école, dans la cour, projections gratuites en plein air. Couvertures conseillées car les nuits sont fraîches.
Le cinémobile, un car amménagé en salle de cinéma (climatisée). Participation modique.
Le maquis, lieu de rencontre, snack, buvette, concerts, librairie
 
Programmation :
- Plus de quarante films : courts et longs métrages, films de Claire Denis, documentaires, archives de la cinémathèque.
- Tchatches : débats en compagnie des auteurs,
- Apéros concerts : au maquis
- Ciné contes,
- Expositions.

Rensignements
Tél. : 05 65 21 53 20