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Moissac
- lueur de pierre
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Qui
a dit qu'une église était sombre ?
A Moissac, l'architecture sacrée a su concilier lumière
divine et lumière tout court.
Etape jacquaire depuis le Moyen-âge, la ville, avec son
cloître unique et son église aux murs à
la teinte ensoleillée est l'une des plus belles haltes
sur le chemin de Compostelle.
Dès
l'abord, Moissac
touche l'âme par la teinte lumineuse de ses places. On
ne saurait ici souffrir de tristesse. Sinon, à
chaque coin de rue, c'est votre il qui vous rappellera
combien la vie est douce. La raison ? C'est cette terre argileuse
de la plaine garonnaise. Incapable de fournir une pierre solide,
elle obligea les bâtisseurs à construire avec les
matériaux du bord. De la terre molassique qu'il avait
sous les pieds, l'homme ingénieux tira la brique. Rose
comme un soleil couchant et dure après cuisson, comme
un caillou du causse, elle est à l'origine de constructions
qui ont défié les âges... et de la lueur
si particulière de la ville. Toulouse, Albi et Montauban
sont du même tonneau. Moissac, elle, est une invitation
à la prière. Dans certains guides touristiques,
on lui attribue la possession du "plus beau cloître
du monde", rien de moins ! Peu de livres spécialisés
dans l'architecture sacrée omettent en effet de mentionner
cet ouvrage. Ses arcades de briques ceinturant un jardin clos
sont un enchantement pour la vue et un apaisement pour l'esprit.
L'église Saint Pierre n'est pas en reste. Toujours dans
le style rieur du pays, ses murs intérieurs sont couverts
d'une peinture aux tons ocre-jaune. Ce n'est pas une fresque,
c'est une explosion lumineuse ! Et si vous interrogez Monsieur
le Curé, vous apprendrez qu'il s'agit là de l'authentique
restauration, à l'identique, de l'ornementation d'origine.
N'en déplaise aux esprits chagrins, le Moyen-âge
fût lumineux en pays d'Oc. Pour s'en convaincre, il suffit
de visiter le centre de recherches d'art roman. A deux pas du
cloître, dans l'ancien séminaire, celui-ci accueille
une collection unique de manuscrits enluminés, aux couleurs
pétulantes. |
Moissac
vu par son premier citoyen
Jean-Paul Nunzi est maire de Moissac depuis 1983. Né
à Agen, installé dans la ville pour y enseigner
l'histoire et la géographie, il évoque sa
ville avec passion.
Comment présentez-vous Moissac à un nouveau
venu ?
Moissac, c'est une perle, blottie au pied des premiers
contreforts du Quercy. Une perle de l'art sacré de
par son cloître du XIè siècle considéré
comme l'un des chef-d'uvre de l'art roman méridional.
Saviez-vous que pas moins de 60 000 personnes paient chaque
année pour le visiter ? C'est également une
perle d'or, comme le grain de chasselas, qui est l'une des
merveilles de la région.
Comment décririez-vous les habitants de Moissac
?
De façon générale, les gens sont
affables et raisonnables. Ils ont les pieds sur terre. C'est
une des qualités, je dirais "agraires"
des personnes qui vivent de la terre. L'agriculture est
très présente ici. Mais Moissac est aussi
une ville ouverte. C'est un lieu de passage de par sa position
dans la vallée de la Garonne. Il y a beaucoup de
"turnover" et c'est enrichissant.
Sur quoi repose l'économie de Moissac ?
Essentiellement sur la culture des fruits, notamment du
chasselas, mais également sur le tourisme. Le port
n'a plus d'activité économique, mais la plaisance
se développe. Les chemins de Saint Jacques drainent
chaque année un ou deux milliers de marcheurs. La
proximité de Toulouse nous apporte également
quelques activités, par exemple de sous-traitance
aéronautique.
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La pierre
L'église abbatiale Saint Pierre :
Un monument composite bâti en plusieurs époques.
Sur les bases d'un autel mérovingien, une première
église romane, dont il ne subsiste aujourd'hui que le
clocher porche fut édifiée au XIè siècle.
Un siècle plus tard, une nouvelle église romane,
dont on peut encore admirer le portail vit le jour. Celle-ci
fut à nouveau remaniée au XVè siècle
par la construction de travées dans le plus pur style
gothique méridional et d'un chur polygonal en remplacement
de la nef romane. Ce manque d'unité n'a pas d'importance.
Le visiteur sera autant subjugué par le portail, dont
le tympan retraçant l'apocalypse servit de modèle
à toutes les églises du midi que par la teinte
chaleureuse des fresques de l'église.
Le cloître :
Cachée derrière l'église Saint Pierre,
cette uvre exceptionnelle, ornée de 76 chapiteaux
décoratifs ou historiés, est considérée
comme l'un des monuments majeurs de l'art roman méridional.
Dès l'abord, on est saisi par la paix du lieu : un cheminement
de pierres de marbre et de briques ou la lumière joue
entre les colonette autour d'un carré vert ombragé
d'un vieux cèdre. Chacun des chapiteaux raconte une scène
biblique ou séduit l'il par une multitude d'ornementations.
Bâti en l'an 1100, le cloître marque l'apogée
d'un communauté bénédictine fondatrice
d'une abbaye au VIIè siècle et qui fut rattachée
à Cluny en 1047.
Les chemins de Saint Jacques :
Quatre routes principales partent de France et convergent vers
Puenta la Reine en Espagne.
La via Turonensis ou voie de Tours,
la via Lemovicensis ou voie Limousine,
la via Tolosana ou voie Tolosane
la via Podiensis ou voie du Puy en Velay, qui traverse Conques
puis le Quercy par Figeac, Cahors et Moissac.
A Moissac, les pèlerins trouvaient hébergement
dans un hôpital bâti au XIIIè siècle
aujourd'hui disparu.
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Les
fruits
Si
la terre meuble est pauvre en pierre, en revanche, le sol
gorgé d'eau et d'éléments alluviaux
des bords de Garonne est propice aux culture fruitières.
Melons, kiwis, pêches, nectarines, pommes, poires,
cerises, fraises se partagent les terres fertiles de Moissac.
On trouve sur les marchés plus de trente variétés
de prunes différentes ! Parmi elles, la prune d'ente
dont on fait le fameux pruneau d'Agen.
Plus qu'une production agricole, le fruit est à Moissac
l'essentiel de l'activité économique. A tel
point que la ville s'est dotée en l'an 2000 d'une
gigantesque station de conditionnement et d'expédition
de fruits sur un terrain de 41 000 mètres carrés.
L'intérêt général étant
bien compris, la collectivité a même participé
pour 1/3 à l'investissement (30 millions de francs
tout de même) réalisé par une entreprise
fondée il y a trente ans par une famille d'agriculteurs.
Mais ne quittez pas Moissac sans déguster le fleuron
de la production
fruitière. Le chasselas, doré comme
un soleil, vous attend dès la fin du mois d'août
sur les marchés. Hors saison, vous pourrez toujours
vous consoler en dégustant un de ces délicieux
jus de chasselas que l'on produit ici pour profiter toute
l'année de son arôme.
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L'eau
2 rivières, 1 canal, voilà qui fait beaucoup
d'eau pour une commune de 13 000 habitants. Moissac se situe
au confluent du Tarn et de la Garonne. Le Canal latéral
à la Garonne, également appelé Canal
des deux mers, qui joint l'océan et la Méditerranée,
traverse la ville, engendrant petits ponts et écluses.
Plus au sud, il devient le Canal du Midi. Si Moissac dut son
développement aux XVII et XVIIIè siècles
à ces voies commerciales, le port fluvial est aujourd'hui
inactif. De cette prospérité, il reste tout
de même quelques beaux hôtels particuliers au
charme désuet. Le ski nautique, la pêche et les
promenades en bateau ont remplacé les laborieuses activités
sur le vaste bassin du Tarn qui berce la ville de sa langueur
rafraîchissante. Le port est devenu port de plaisance
et le canal est à présent dédié
aux péniches de tourisme qui font croisière
vers le midi. Les deux grandes îles du Tarn ont été
converties en camping et en site naturel sensible.
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Le
Carmel
:
Centre d'accueil sur le chemin de Saint Jacques
Moissac, l'une des plus belles étapes du chemin
de Saint Jaques de Compostelle ne pouvait rester éternellement
sans lieu d'accueil digne de ce nom. L'an dernier, l'ancien
carmel, bâti sur les hauteurs de la ville a ouvert
ses portes aux pèlerins. 2000 marcheurs y ont déjà
fait étape.
Touristes
motorisés, passez votre chemin, le Carmel n'est ouvert
qu'aux pèlerins, randonneurs ou groupes culturels.
Ici, il n'est pas question d'hôtellerie, encore moins
de restauration, une porte ouverte, avec des chambres au
confort simple, où, pour 70 francs, on pourra dérouler
le duvet. Quelques pièces communes pour la cuisine
et les repas, pas de télé à l'horizon,
juste des tapisseries murales à l'effigie de Saint
Jacques et un cloître mangé d'herbes folles
pour la méditation. Seul le petit déjeuner
est assuré, et pour les groupes, un repas peut être
livré par l'un des restaurants de la ville.
Isabelle
Huc, qui gère l'établissement pour le compte
de la municipalité entretient avec ses hôtes
la complicité des initiés. Elle même
a parcouru le chemin en Espagne. "La plupart des marcheurs
disent qu'il ne s'agit pas d'un chemin ordinaire",
raconte-t-elle. "Il est chargé de mémoire.
On y rencontre des gens qui marchent tous dans la même
direction, pour des motifs différents. Beaucoup sont
à la recherche de quelque chose qui est en eux...
et ils le trouvent. Une marche aussi longue est une épuration
du corps. On part marcheur, on devient pèlerin."
En quelques phrases sobres, l'essentiel est dit. Le gros
des troupes est passé entre avril et octobre. Certains
jours, c'était le trop plein. "Un soir, des
gens sont arrivés, au bord de l'épuisement",
raconte Isabelle Huc. "C'était complet. Ils
nous ont dit "on ne peut pas aller plus loin".
On a mis à leur disposition un bout de moquette dans
une pièce pour qu'ils puissent dormir."
Le
Carmel : centre international d'accueil et de séjour
de Moissac
5, sente du calvaire, 82 200 Moissac
Tél. : 05 63 04 62 21
Fax. : 05 63 04 62 22
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Le
Chapon Fin
Entre la halle de Moissac et les fourneaux du Chapon Fin, il n'y
a qu'une petite rue.
Christophe Guillossou, chef cuisinier du restaurant
n'hésite pas à la traverser chaque matin, pour fournir
à son art des produits de la premi¸re fra”cheur. |
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Jean-Paul
Mauri et son chef cuisinier
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Produits
du terroir ? Certes. Agneau du Quercy, magret de canard...
Tout ces ingrédients typiquement quercinois sont bel et bien
au rendez-vous à la table du Chapon Fin. Mais ne vous y trompez
pas...
Derrière le foie gras poêlé en sauce aux grains
dorés ou la fricassée de pintadeau et son coulis de
pruneaux à l'armagnac, les fruits et légumes locaux
ne sont jamais bien loin. |
| A
vrai dire, ce sont même eux qui sont à l'honneur dans
la cuisine de Christophe Guillossou. "Ils n'ont pas leur pareil
pour donner couleur et saveur au mets !", s'enthousiasme le jeune
talent qui fut, excusez du peu, cuisinier personnel de Lionel Jospin.
Aucune prétention dans cette précision. Les uvres
du maître queux brillent d'une simplicité pleine de bon
sens terrien. Décorer un plat ? Bien sûr ! mais uniquement
avec ses ingrédients. Entre ses mains expertes, l'agneau fermier
du Quercy poellé aux asperges devient un arbre surréaliste
et les petits légumes en bâtonnets qui l'accompagnent,
un fagot coloré. Au pied de ce paysage forestier, s'écoule
une source de baies roses. Couleurs fraîches des fruits ou des
légumes, saveurs automnales des viandes : tout ce qui réjouit
l'il est aussi enchantement pour le palais. Comme tous les grands,
Christophe a un credo : pas de haute cuisine sans produit noble. A
Moissac, capitale du chasselas, ses uvres sont devenues fruitières.
Dans l'arrière cuisine, il nous a convié à déguster
un étonnant caramel de fruit, préparé à
partir de la réduction de jus de cuisson de pommes, dont il
agrémente ses desserts. Autre succulence : le coulis de pruneau
à l'armagnac, qui accompagne avec un égal bonheur desserts
ou plats salés. L'été venu, les clients plébiscitent
la rafraîchissante soupe de melon au porto et fruits rouges
dont il nous a livré la recette. |
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Recette de la soupe de melon au porto et fruits rouges
Entrée
fraîche pour 4 à 6 personnes
Epluchez et épépinez un melon. Coupez-le en petits
morceaux. Passez-le au mixer. Ajoutez 5 cl de sucre de canne à
cette purée. Mettre au frais.
Marinade de fruits rouges : Faites mariner 500 gr d'un mélange
de cassis, framboises, baies roses fraîches, myrtilles, mûres,
petits grains de chasselas, issus de la "grapette", les
grains de petite taille gorgés de sucre que l'on trouve dans
les grappes. Laisser mariner 3 heures au frais dans 50 cl de porto.
Incorporer le melon à la marinade.
C'est
prêt.
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